Pénurie du haricot aux marchés de Cibitoke, Gitega et Bururi

CIBITOKE/GITEGA/BURURI, 6 mai (ABP) – Les consommateurs du haricot, une denrée alimentaire de toutes les cuisines du Burundi, s’inquiètent actuellement de la pénurie de ce produit considéré comme la base de l’alimentation en villes comme à travers les campagnes, a-t-on appris mardi et mercredi sur place aux marchés de Cibitoke (nord-ouest), Gitega (centre) et Bururi (sud-ouest).

 A Cibitoke (photo : stand de haricot au marché de Cibitoke), depuis quelques mois, il s’observe sur différents marchés, une flambée persistante des prix des denrées alimentaires de première nécessité. A titre d’exemple, le haricot communément appelé Kirundo qui était vendu entre 1000 et 1200 FBu le kilo fin 2019 passe à 1700 ou 1800 francs burundais le kilo, tandis que le haricot de qualité moyenne, qu’on achetait vers la fin 2019 entre 1400 et 1600 francs burundais le kilo s’obtient difficilement aujourd’hui à 2400 francs voir 2500 francs. Le haricot dit jaune s’achète à un prix variant entre 3000 et 3200 francs le kilo. Le maïs qui normalement devrait coûter 500 francs burundais le kilo après chaque récolte de la saison culturale A, s’achète actuellement entre 800 et 1000 francs le kilo selon la qualité. La farine de manioc ou de maïs non industrialisée se vend entre 900 et 1100 francs burundais le kilo. La pomme de terre de qualité moyenne s’obtient entre 1000 et 1200 francs le kilo. Un régime moyen de banane se négocie à un prix variant entre 9000 et 12000 francs burundais. Les tas de manioc, de patates douces comme celui des légumes ont doublé, voire tripler de prix, s’inquiètent même les consommateurs de la province Cibitoke. Le petit poisson sec s’achète entre 24.000 et 30.000 francs compte tenu de la variété. L’huile de palme s’obtient à 3500 ou 3600 francs burundais le kilogramme. Le sucre qu’on se procurait à 2500 francs le kilogramme au début de l’année 2020 est passé à 3200 francs le kilo, depuis quelques semaines. La viande vient de passer plusieurs mois à 8000 francs le kilo et les vendeurs affirment que les clients ne cessent de diminuer. Les produits de la Brarudi ne changent pas tellement, sauf la bouteille de limonade qui est passé de 800 à 1000 francs burundais, depuis les fêtes de fin d’année 2019.

Selon les propos des vendeurs et des consommateurs, les causes de la flambée des prix des biens de première nécessité a été due à plusieurs facteurs dont, la mauvaise récolte des produits alimentaires en général et du haricot en particulier, sans oublier les spéculations de certains commerçants voulant s’enrichir au dos du consommateur.

Haricot au marché de Gitega

A Gitega, à travers tous les stands de commercialisation des produits vivriers, rares sont les marchands en possession du haricot. La seule variété qui s’y observe est le “haricot jaune” qui s’achète entre 2000 et 2400 FBu le kilo. Il y a moins d’une semaine, ce produit coûtait moins de 1600 FBu le kilo, d’après Mme Sophie Ndayahoze, une cliente. Elle a précisé que cette variété de haricot n’était pas enviée par ailleurs par la majorité de la clientèle, du fait que son coût n’était accessible à beaucoup de gens, par rapport à d’autres variétés de haricot. Les commerçants disent que le haricot refera surface en quantité suffisante sur le marché avec la production de la deuxième saison attendue d’ici deux mois. En plus du haricot, le sucre est aussi une denrée rare à Gitega et les rares commerçants qui en disposent le vendent à 3000 FBu le kilo, alors que son coût officiel est de 2500 FBu le kilo.

Les commerçants de même que la clientèle convergent pour demander au gouvernement de se saisir de la question en vue d’y remédier. En effet, disent-ils, “sans le haricot, le régime alimentaire devient déficitaire pour la population”.  

A Bururi, il s’observe depuis des mois, la pénurie et la hausse des prix des denrées alimentaires, telles que le maïs, le haricot et le sucre.

Le prix d’un kilo de sucre, une fois retrouvé, est de 3300 à 3500 FBu en cachette. Cette situation crée la panique et des lamentations au sein des communautés, principalement les familles qui ont de petits enfants. A cela s’ajoute la hausse excessive des prix du haricot et du maïs sec. Les prix du haricot « nain » ont commencé à augmenter avec la saison culturale où un kilo est passé de 1300 à 1700 FBu actuellement. De même, le prix ne cesse de monter variant entre 1800 à 2000 FBu pour les variétés « volubiles ». Cette situation s’est également observée pour le maïs. La population de Bururi n’était pas habituée à voir la hausse du prix du maïs. En période de récolte, c’était plutôt la chute des prix. Un kilo de maïs sec coûte pour le moment 1000 FBu, alors qu’il y a deux semaines, le kilo s’achetait à 800 FBu. Les consommateurs que l’ABP a interrogés ont indiqué que la solution proviendra des autorités administratives qui ont les prérogatives de fixer et de réglementer les prix des produits vivriers.

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