Ouverture de deux chantiers d’excavation des fosses communes des victimes de 1972 dans les localités de Nyambeho et Mutobo

GITEGA, 22 avr (ABP) – Le président de la Commission vérité et réconciliation (CVR), M. Pierre Claver Ndayicariye (photo : 1er plan à droite), a présidé mardi le 21 avril 2020 les activités d’ouverture des chantiers d’excavation des fosses communes des victimes de la tragédie de 1972, a-t-on constaté sur place.

Des agents de la CVR, des journalistes et la population assistent au début des travaux d’excavation.

Ces chantiers se trouvent sur les collines Nyambeho et Mutobo se trouvant respectivement dans les communes Gitega et Giheta, dans la province Gitega (centre du Burundi). Chaque chantier contient deux sites de fosses communes confirmées. Le chantier de Nyambeho est localisé dans le marais de la rivière Nyambeho séparant les communes Gitega et Giheta. Quant au chantier de Mutobo, il est logé dans une propriété foncière  d’un  particulier prénommé Chanel.

Les cultivateurs ont renseigné à la CVR y avoir découvert des ossements enfouis près d’une latrine. Un autre site des ossements humains y a été découvert près de la maison d’habitation de M. Chanel.

La CVR, qui a estimé que cette maison serait construite au-dessus d’une fosse commune, lui a recommandé de déménager dans un logement qu’elle lui a construit elle-même dans la même propriété.

A Nyambeho ou à Mutobo, les cérémonies d’excavation ont vu la participation du gouverneur de la province Gitega, de certains responsables des forces de défense et de sécurité, et ceux des confessions religieuses.

Quatre recommandations sont ressorties dans le mot de circonstance que le président de la CVR a adressé à l’assistance. Aux auteurs de la tragédie qui seraient encore en vie, il a demandé d’avoir l’humilité d’approcher le Créateur, le peuple burundais et les familles des victimes pour demander pardon.

M. Ndayicariye a fait savoir qu’ils ont occasionné des pleurs et deuils au sein des composantes nationales et enlevé au pays des forces productrices, retardant ainsi son développement. Aux familles des victimes, il a demandé d’accepter d’accorder le pardon à ceux qui ont tué les leurs.

La CVR vise la réconciliation nationale pour bâtir le Burundi sur des piliers d’une paix véritable, a dit M. Ndayicariye, précisant que l’opération d’excavation des fosses communes ne vise pas à raviver la haine et la vengeance, comme certains le croiraient, mais prône plutôt à montrer l’irréparable aux générations présentes et futures que le Burundi a connu à certaines périodes de son histoire. L’on veut que cela serve de leçon et que les Burundais en décousent avec la barbarie.  

M. Ndayicarye a, par ailleurs, tranquillisé les enfants des auteurs. “Ces enfants n’y sont pour rien”, a-t-il souligné. Toutefois, il les a commissionnés de s’impliquer activement pour convaincre leurs parents d’avoir le courage de se ressaisir, de demander pardon et témoigner les forces négatives qui les ont conduites à adopter des comportements déplacés. Aux enfants orphelins de la tragédie, il a demandé d’avoir un cœur ouvert au pardon pour éviter de verser dans la rancœur conduisant à la vengeance. M. Ndayicariye a remercié les responsables administratifs et sécuritaires pour la main forte qu’ils lui prêtent dans l’exercice de ses fonctions.       

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