BUJUMBURA, 14 déc (ABP) – Le ministre burundais de la Communication et des Médias, M. Frédéric Nahimana (photo), a appelé vendredi les femmes et les jeunes à s’affirmer et à profiter du cadre juridique déjà tracé pour faire valoir leurs compétences, afin de migrer de la démocratie vers la méritocratie. Il s’exprimait au cours d’une rencontre d’échanges des responsables des médias et des organisations des professionnels des médias sur la mise en place d’une charte des médias pour l’intégration des dimensions genre et jeunes, organisée conjointement par le ministère et l’Association des femmes journalistes (AFJO) avec l’appui financier du Royaume des Pays-Bas, à travers l’ONG « CORDAID ».

Nzeyimana a déclaré que la rencontre vise à sensibiliser les parties prenantes sur les faibles taux de participation des femmes et des jeunes dans les instances de prise de décision, alors que ces derniers constituent la majorité de la population burundaise. Les jeunes représentent plus de 60% et les femmes représentent plus de 50%. Le 2ème objectif est de proposer des actions concrètes pour promouvoir la voix des femmes et des jeunes dans le secteur médiatique. Le 3ème objectif est d’inviter les parties prenantes à signer la charte d’intégration de la dimension genre et des jeunes dans les médias. Les responsables des médias et des organisations des professionnels des médias (OPM) ont signé le 5 juillet 2018 une déclaration sur l’intégration des dimensions genre et jeunes dans le travail des médias. Le 4ème objectif est de revisiter le cadre légal de l’intégration de la dimension genre dans le système médiatique.

De gauche à droite: Agnès Nindorera, Frédéric Nahimana et Triphonie Nzeyimana

Le ministre Nahimana a en outre salué cette initiative de réfléchir sur les actions à mener pour concrétiser la parité homme/femme dans les médias qui est prônée par la politique nationale de la communication. Il a remercié l’AFJO pour cette action qui va contribuer dans la mise en application de la Politique nationale de la communication et des médias, sous son axe genre et en conformité avec la Politique nationale genre. La politique nationale de communication réserve le chapitre 9 à la parité homme/femme. Le document de politique nationale de la communication reconnait que les médias sont incontestablement le reflet de la société et qu’ils doivent garantir l’égalité des genres, étant donné que c’est un droit humain fondamental. De plus, il est nécessaire que les radios prennent en compte les besoins des femmes des zones les plus reculées qui n’ont pas accès aux nouvelles technologies de l’information et de la communication, a dit le ministre Nahimana.

La représentante légale de l’AFJO, Mme Agnès Nindorera a rappelé que la loi fondamentale stipule que tous les citoyens sont égaux. Les médias doivent ainsi refléter la diversité y compris la diversité genre. Elle déplore le fait que les médias ne reflètent pas cette égalité quand il est question de la problématique genre. La femme est globalement  représentée à 9% dans les postes de prise de décision des institutions médiatiques. Les données désagrégées par sexe dans la population des journalistes révèlent que les femmes représentent 23%.

Selon le rapport du Conseil national de la communication (CNC) de   2016, le nombre d’hommes qui prennent la parole est largement supérieur à celui des femmes, que ce soit au niveau des journalistes présentateurs des journaux et reporters ou des intervenants (personnes invitées ou évoquées). Au  niveau des   présentateurs   des   journaux, les femmes représentent 33,2% contre 66,8% des hommes. Les femmes reporters sont à 18%, au moment où les hommes sont à 82%. En tant que personnes ressources, les  femmes interviennent dans les médias à 15.6% contre 84.4% des hommes, d’après toujours ce rapport qui montre que peu de  femmes interviennent sur des sujets  politiques,  que  ce  soit en tant  que journalistes ou en  tant  que personnes ressources.

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