BUJUMBURA, 27 oct (ABP) – Le président de l’organisation burundaise « Parole et action pour le réveil des consciences et changement de mentalités″ (PARCEM), Faustin Ndikumana (photo), a encouragé vendredi les acteurs politiques nationaux (ceux se réclamant du pouvoir et de l’opposition) à ″favoriser la voie du compromis″ dans le dialogue interburundais d’Arusha (nord de la Tanzanie) ″en visant l’horizon 2020″.

Ndikumana, qui s’exprimait dans un point de presse au lendemain de l’ouverture de cette session à Arusha sans la participation des représentants du gouvernement burundais du président Pierre Nkurunziza, a déploré que ″la radicalisation des positions relevée dans les deux camps politiques″ ait empêché des avancées ″significatives″ de ce processus politique enclenché en janvier 2016 sous l’égide de la Communauté Est-Africaine (CEA).

PARCEM fait partie des ONG burundaises qui ont participé du 19 au 20 octobre 2018 à Arusha aux consultations préliminaires à cette 5ème session de la classe politique prévue du 24 au 29 octobre 2018 dans cette ville touristique tanzanienne.

″D’orès et déjà nous craignons des résultats mitigés de ce 5ème round parce que l’une des plus importantes parties prenantes pour la réussite de ce dialogue, à savoir la partie gouvernementale, n’a pas pu y participer″, a-t-il fait remarquer.

Pour M. Ndikumana, au regard des ″nombreux″ défis auxquels le Burundi fait face actuellement en matière politique, économique et sociale, une telle situation est regrettable.

″Or, aujourd’hui à 18 mois qui les séparent de la tenue des prochaines élections de 2020, les Burundais dont les acteurs-clés de la classe politique, ont intérêt à cultiver le sens du compromis politique pour des intérêts supérieurs de la Nation afin de pouvoir se doter pour cet horizon politique, des institutions élues crédibles susceptibles d’enclencher un élan pour le développement intégral et ainsi tourner la page noire incarnée par la crise électorale de 2015″, a-t-il expliqué.

La classe politique burundaise, a-t-il recommandé, devrait se garder ″d’être prisonnière des calculs politiques mesquins de bas étage pour assouvir uniquement des intérêts purement individuels″ en veillant à ce que les résultats de ce dialogue politique sous l’égide de la CEA et co-facilité par l’ex-président tanzanien Benjamin Mkapa (médiateur adjoint) et le président ougandais Yoweri Museveni (médiateur), débouchent sur une ″véritable feuille de route consensuelle″ vers les prochaines élections burundaises de 2020.

A ses yeux,  pour l’horizon politico-électoral de 2020, les leaders de la  classe politique burundaise devraient éviter d’en faire un ″rendez-vous politique manqué″ en se faisant mutuellement des concessions dans une perspective de se doter des institutions ″fortement inclusives″ émanant des élections ″transparentes et revêtant un large consensus politique″ au niveau de leur acceptation.

C’est pourquoi, a-t-il insisté, l’élaboration de la feuille de route vers les prochaines élections de 2020, devrait être une bonne opportunité politique ″pour rassembler la classe politique burundaise et pour tracer un avenir meilleur pour les citoyens du pays″.

Ndikumana a laissé entendre également que la persistance de la ″radicalisation des positions″ sur la question de la feuille de route vers les prochaines élections au niveau des leaders de la classe politique burundaise, serait ″contreproductive″ pour le pays.

″En effet, si les leaders de la classe politique burundaise s’enlisent dans les traditionnelles chicaneries aux dépens de la culture du compromis pour l’intérêt supérieur de l’immense majorité du peuple, les conséquences en seraient désastreuses vis-à-vis de l’image de marque du pays au plan politique et économique″, a-t-il averti.

Pour rappel, ce jeudi 25 octobre, en réaction à l’ouverture de la 5ème session du dialogue interburundais d’Arusha par le Facilitateur Mkapa en l’absence des représentants du gouvernement burundais, le secrétaire général du gouvernement et porte-parole du gouvernement, Prosper Ntahorwamiye, a indiqué que les résultats de cette session ″n’engageront que les participants″.

Ntahorwamiye a précisé que l’absence à cette session des représentants du gouvernement burundais est due au fait que la Facilitation régionale dans ce dialogue n’a pas encore répondu aux trois préoccupations lui soumises.

Il s’agit du deuil national observé au mois d’octobre pour les héros nationaux, les modalités pratiques pour la mise en application de la feuille de route vers les élections signée le 3 août dernier à Kayanza et la liste des invités pour cette 5ème session.

Pour sa part, le facilitateur Mkapa a indiqué qu’une feuille de route consensuelle vers les élections burundaises de 2020, sera soumise à un sommet des chefs d’Etat de la CEA à partir d’une compilation des propositions ″récemment émises″ à Kayanza par une partie de la classe politique proche du gouvernement burundais, et des propositions formulées par la mouvance politique de l’opposition au cours d’une rencontre organisée à Entebbe (Ouganda).

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