BUJUMBURA, 9 jan (ABP) – Les institutions burundaises démocratiquement élues ne négocieront jamais avec les putschistes, selon  la déclaration du gouvernement du Burundi sortie mardi le 8 janvier 2019. Cette dernière est consécutive aux différentes réactions des acteurs socio-politiques burundais par rapport aux échanges de correspondances entre le chef de l’Etat burundais, M. pierre Nkurunziza, et son homologue   ougandais et président en exercice de la Communauté est-africaine  (EAC), M. Yoweri Kaguta Museveni.

Le gouvernement du Burundi indique, à travers cette déclaration, que la correspondance que le chef de l’Etat ougandais a adressée à son homologue burundais en date du 8 décembre 2018 « contient un certain nombre d’affirmations qui ont provoqué beaucoup de considérations et commentaires diversifiés de la part de certains acteurs sociopolitiques burundais ».

Il s’agit notamment de la confusion « peut-être involontaire » de la part du président Museveni entre le Conseil national pour la défense de la démocratie/Force pour la défense de la démocratie (CNDD/FDD) et la Commission nationale de dialogue inter burundais (CNIDI), le révisionnisme de l’histoire tragique du Burundi depuis l’indépendance jusqu’à ce jour, les négociations du gouvernement du Burundi avec les putschistes, la politique de deux poids deux mesures « fausses comparaisons entre le Rwanda et le Burundi », la sous-estimation du conflit entre le Rwanda et le Burundi, ainsi que la mise en cause ou la non reconnaissance de la paix et de la démocratie au Burundi.

Pour le gouvernement du Burundi, précise la déclaration, négocier avec les putschistes signifie cautionner et légitimer le retour des pouvoirs de facto, un retour en arrière et un cycle infernal perpétuel de remise en cause de la volonté du peuple chaque fois au lendemain des élections, velléités que le gouvernement burundais a la ferme volonté de couper court définitivement et de manière irréversible.

La place des putschistes, poursuit la déclaration, est devant les instances judiciaires et non sur une table de dialogue. Bujumbura demande plutôt aux Etats qui les hébergent de prêter main forte au Burundi dans cette voie en les extradant au pays pour que la justice soit rendue.

Pour le gouvernement du Burundi, le révisionnisme de l’histoire tragique du Burundi depuis l’indépendance jusqu’à ce jour, faisant une lecture manichéenne des bons et des mauvais, n’est pas de nature à réconcilier les gens. Cela constitue un retour en arrière alors que le Burundi est déjà réconcilié avec lui-même, en témoigne la mise en place de tous les mécanismes de justice transitionnels prévus par l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation qui sont consacrés par la Constitution de juin 2018 et qui sont à l’œuvre avec succès, précise la même déclaration.

Pour le moment, poursuit la même déclaration, la grande préoccupation du gouvernement du Burundi est la préparation des élections de 2020 en tant qu’arbitre car seuls les partis politiques et les indépendants vont faire compétition.

Le gouvernement du Burundi salue par ailleurs le retour massif des réfugiés en terre natale et remercie tous les pays qui contribuent à ce retour. Il exhorte ainsi « d’autres pays à arrêter de devenir un obstacle au retour des Burundais dans leur pays ».

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